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De quoi parle cet ouvrage
Notre monde a ralenti – sur les plans économique, démographique, cognitif… Mais nos institutions, notre dialogue social et nos politiques publiques ne l’ont pas intégré. Dette, déficit des retraites, pouvoir d’achat, difficultés à gérer l’enjeu climatique, multiplication des conflits, antagonisation de la vie publique, affaiblissement des institutions internationales : la plupart de nos grands problèmes sont liés à cette cause commune à la plupart des pays développés, mais plus aigüe en France.
Pourquoi c’est important et d’actualité
Chacun peut constater les problèmes évoqués plus haut, mais aucune des solutions proposées aujourd’hui dans le débat public ne traite leur cause racine – au mieux elles stoppent les symptômes quelques années, au pire elles se traduisent par des propositions simplistes qui ne régleront rien. Cette situation nous condamne à des répétitions sans fin d’ajustements, de réformes partielles et de renoncements. Spectateurs passifs de ces débats, les Français expriment un doute et un pessimisme croissants, faute d’identifier la voie pour sortir de cette spirale de renoncements.
Il est crucial de prendre acte de ce ralentissement. Il ne s’agit en rien de renoncer à la croissance – nous avons la chance paradoxale en France d’avoir par rapport à nos voisins un retard de croissance dont la résorption peut nous aider à amortir le choix du changement de régime. Un monde de moindre croissance, par ailleurs, n’est pas un monde en décroissance. La question est ailleurs : il s’agit de repenser nos choix publics et de fonder nos politiques sur la réalité, nouvelle, d’une croissance faible. Il n’y a là rien d’impossible, mais cela demande de développer de nouveaux instruments, de nouveaux outils pour mesurer, discuter et choisir.
Quelque exemple ce qu’on trouve neuf/d’intéressant dans cet ouvrage
D’abord, nous montrons avec de nombreuses analyses à l’appui que le ralentissement concerne l’ensemble des pays développés, la plupart des leviers de croissance et il est à l’œuvre depuis des décennies. La productivité baisse régulièrement depuis les années 1970 un peu partout malgré les vagues d’innovation – internet a eu un impact de 20 points de PIB mais en vingt-cinq ans, et sur une période sur laquelle le rythme des gains de productivité n’a cessé de baisser – et depuis 2019, en France, c’est la productivité elle-même qui a baissé. Sans internet cela aurait été bien pire. Fait méconnu – 2026 serait la première année depuis des siècles où à l’échelle du monde le nombre de filles survivantes par femme (indicateur qui dicte l’évolution d’une population) sera en-dessous de 1, ce qui entraine une baisse de la population d’ici 2080.
Notre dette ne nous met pas en situation de défaut, mais pour la première fois depuis des décennies nous allons connaître à la fois une dette importante et des taux élevés, ce qui va durablement peser sur nos marges de manœuvre et nos déficits. Mais le problème fondamental n’est pas celui de la dette mais celui de la dégradation de son actif net (valeur du patrimoine public – montant de ses dettes de toutes natures). Or ce second terme est près du double du niveau de la dette publique : en l’absence de réforme des retraites, la « dette implicite » (somme des déficits futurs à règles inchangées) représente près de 100 points de PIB et s’ajoute à la dette publique au sens de Maastricht, qui dépasse déjà 117 % du PIB. En outre, les réformes des retraites se sont focalisées sur la santé financière des régimes de retraite, mais pas sur celle des retraités – nous avons analysé l’ensemble des produit épargne retraite obligataires du marché et montrons que les frais pratiqués peuvent confisquer jusqu’à plus de 70% des revenus de cette épargne complémentaire.
Nos systèmes d’indexation sont également inadaptés à un monde qui aralenti. Nous démontrons ainsi que l’indice des prix du « panier de la ménagère » utilisé pour indexer les différentes allocations est 10% supérieur à la réelle évolution des prix des produits essentiels. Et l’écart serait encore plus significatif si l’on s’attachait à réduire toutes les causes d’augmentation évitables du coût de la vie des ménages les plus vulnérables.
Découvrir ici 23 points saillants ou analyses inédites sur des centaines présentées dans ce livre.